CONSTRUCTIONS ANIMALES


CONSTRUCTIONS ANIMALES
CONSTRUCTIONS ANIMALES

Le domaine des constructions animales est resté, paradoxalement, assez peu exploré par les éthologistes. C’est pourtant là que les comportements les plus complexes apparaissent. Mais le point curieux est que les Mammifères et principalement les Primates, dont le psychisme est par ailleurs des plus développés, n’arrivent pas en tête ici. L’homme excepté, on ne connaît qu’un seul Mammifère qui réalise des constructions compliquées et c’est le castor, avec ses barrages et ses huttes. On pourrait, il est vrai, présenter comme des constructions «en creux» les terriers très nombreux chez les Mammifères et qui sont parfois, comme chez le blaireau, des plus complexes.

Par contre, chez les Oiseaux existe une floraison de comportements de construction dont le contraste est violent par rapport à la relative pauvreté des Mammifères dans ce domaine. Viennent enfin les insectes constructeurs dont les réalisations sont à peine croyables.

L’intérêt de l’étude des constructions est dans le fait qu’elles constituent un objet de choix pour l’expérimentateur. L’animal est aussi vivement intéressé par ce qu’il construit (cf. STIGMERGIE) que par son conjoint lorsque le temps de la pariade est venu. Mais, lorsque s’est formée la science éthologique moderne, les spécialistes de cette science, au lieu de choisir arbitrairement leurs problèmes et leurs techniques (comme le font les psychologues expérimentaux), se sont orientés «instinctivement» vers les activités dans lesquelles les animaux étaient visiblement impliqués, au premier rang desquelles figure le comportement reproducteur. Comme le hasard a voulu que les premiers éthologistes soient essentiellement des spécialistes des Oiseaux, on a d’abord étudié le comportement reproducteur de ces animaux, qui est beaucoup plus spectaculaire que celui des Mammifères. Il s’accompagne de parades compliquées et souvent prolongées pendant des heures, dont les phases sont faciles à distinguer.

Mais les activités qui «intéressent» les animaux ne sont pas seulement le comportement reproducteur. Il faut y ranger aussi le comportement de prédation (ou toutes les activités qui visent à se procurer de la nourriture) et surtout les comportements de construction. Les comportements de prédation, qui avaient été passablement négligés, commencent depuis le milieu du XXe siècle à être bien étudiés (spécialement sous la poussée de la sociobiologie qui y cherche des adaptations et des optimisations). Mais les comportements de construction restent insuffisamment étudiés. Cependant, observer par exemple un oiseau en train de construire son nid ou une araignée en train de filer ne présente aucune difficulté; d’autant que l’animal constructeur est en général tellement engagé dans son travail qu’il ne prête aucune attention à la présence humaine.

1. Exemples de constructions chez les Invertébrés

Des constructions faites par les Invertébrés, on ne citera ici que quelques exemples parmi les plus remarquables.

Toiles et tissages

La toile des araignées n’a pas été aussi bien étudiée qu’on pourrait le croire, bien qu’il s’agisse d’un objet des plus communs; ou plus exactement elle a été décrite, on a analysé la physiologie des filières, on a même essayé l’influence des drogues sur le comportement de filage (il est possible d’obtenir des toiles tout à fait anormales en administrant aux araignées des drogues psychotropes), mais on n’a guère étudié la résolution des problèmes de construction, c’est-à-dire l’adaptation du comportement de filage aux difficultés que l’araignée peut rencontrer dans le milieu. Tel fut le sujet de l’étude menée par Lecomte sur la grosse araignée de Madagascar, Nephila madagascariensis . Cette espèce réalise des toiles d’un mètre carré environ; elle en chasse les corps étrangers et peut la réparer; en présence d’un fil pendu au plafond et qui traîne sur la toile, elle présente un comportement adapté des plus curieux: ou bien elle essaie de tirer le fil et le laisse pendre dans un trou de la toile, ou bien, phénomène des plus singuliers, elle attache au plafond un fil de soie, le fixe sur le fil qui la gêne et s’en sert pour le haler hors de sa propre toile. Cette observation, si elle était reprise et confirmée, nous montrerait que l’araignée possède ce qu’on pourrait appeler des notions de mécanique implicite, au sens de Guillaume quand il parlait (à propos d’animaux qui savent tenir compte de la pesanteur) d’une «physique implicite».

On n’a pas non plus étudié les problèmes de construction de l’insecte qui fabrique peut-être l’édifice le plus compliqué du monde des Invertébrés, le Macronema de la famille des Hydropsychidés (sortes de phryganes). Cet insecte construit avec des grains de sable un édifice formé d’une sorte de large trompe dans laquelle passe le courant de la rivière. Les particules alimentaires en suspension sont arrêtées par une toile aux mailles très fines, et l’eau ressort par un conduit spécial en arrière de la toile. L’animal s’est fabriqué en outre un tube d’habitation vertical un peu en avant de la toile. Il ne lui reste qu’à lécher les particules de temps en temps quand il s’en trouve d’arrêtées par la toile. Mais il n’existe aucun travail expérimental sur Macronema . On en a exécuté par contre un bon nombre sur les phryganes de nos rivières, dont la larve se fait un fourreau de grains de sable, de brindilles ou de minuscules coquilles assemblées avec de la soie autour de son corps. On a constaté avec stupeur que l’édifice pouvait être réparé à peu près dans n’importe quelles conditions. Par exemple, si l’on pratique un trou dans le fourreau et si le milieu est tout à fait dépourvu de matériaux de construction, la larve pourra fort bien prélever ce qu’il lui faut sur les bords du fourreau pour en obturer le trou. Elle pourra réajuster à sa taille un fourreau trop large à l’aide de manipulations très compliquées et, fait à remarquer, différentes chez le même animal au cours d’essais successifs, et différentes d’un animal à l’autre (fig. 1): c’est dire qu’il existe un comportement non fixé, non automatique, hautement adaptable et variable, mais efficace. À cette plasticité du comportement correspond une plasticité comparable du système nerveux: en effet, les larves ont l’habitude de se servir de leurs pattes antérieures pour tâter les matériaux de construction, comme si elles voulaient les mesurer, en apprécier la taille, le poids et le volume. Puis les pattes et les mandibules, suivant un processus complexe, saisissent la particule et la mettent en place. Mais si l’on coupe une des pattes antérieures, ou les deux, on constate que l’insecte utilise immédiatement les pattes moyennes pour faire le travail, alors qu’elles ne sont jamais utilisées ainsi par un animal non amputé.

Dans le cas des phryganes, le problème est le suivant: voilà des insectes parmi les plus anciens de la souche des insectes, au cerveau réduit, sans aucun signe bien particulier, et qui montrent tout d’un coup une adaptabilité étonnante. Des faits analogues ont été signalés, bien entendu, chez les insectes «supérieurs» les plus évolués, autrement dit les plus récents, comme les abeilles ou les fourmis, et nous en reparlerons; mais les phryganes leur sont antérieures de plusieurs dizaines de millions d’années: leurs instincts cependant ne le cèdent en rien à ceux des hyménoptères tardifs.

Quant à ces derniers, étant donné le grand nombre de spécialistes qui s’y intéressent, nous disposons évidemment de données bien plus nombreuses.

Ruches

Avec les abeilles, les mieux étudiés de tous les insectes sociaux, nous avons de nombreuses observations mais des expériences moins nombreuses qu’on aurait pu l’espérer. On sait que la cire est sécrétée par les glandes cirières ventrales des abeilles qui la façonnent ensuite avec leurs pattes et leurs mandibules. Mais il faut souligner tout de suite un aspect particulier des insectes sociaux: il ne faudrait pas croire qu’il existe quelque part dans la ruche un schéma directeur aux ordres duquel obéiraient les ouvrières. Au contraire, l’organisation du travail est très lâche et le comportement des ouvrières beaucoup plus aléatoire qu’on ne l’imaginerait. Par exemple, une abeille ne construit pas d’abord une cellule, sa cellule, pour passer ensuite à une autre. Au contraire, en marquant des abeilles individuellement, Lindauer a montré que cent vingt abeilles environ étaient impliquées dans la construction d’une seule cellule. Chaque abeille vient y déposer une molécule de cire qu’elle tasse plus ou moins pour l’incorporer à l’édifice, puis s’en va vers une autre cellule ou vers une tâche complètement différente. Darchen a été un des très rares biologistes depuis François Huber, le naturaliste aveugle de Genève, à avoir soumis la construction des abeilles à une expérimentation méthodique. Sa technique est celle de tous les biologistes qui s’intéressent aux constructions animales: il s’agit de poser des problèmes aux animaux constructeurs, en détruisant une partie de leur ouvrage, en interposant des obstacles qui les forcent à trouver une solution, le tout à l’aide de techniques extrêmement simples (ce qui porte à se demander pourquoi elles n’ont pas été plus souvent utilisées...). Darchen considère d’abord le parallélisme des rayons. Ce parallélisme est en effet très remarquable non seulement chez les abeilles, mais chez d’autres insectes sociaux qui construisent des rayons d’une texture toute différente, par exemple les guêpes. En décalant une ébauche de cire de manière qu’elle soit trop près ou trop loin d’un des deux rayons qui l’encadrent, Darchen remarque que la lamelle de cire en position anormale est soudée assez rapidement au rayon qui est le plus proche. On peut empêcher cette soudure en plaçant une feuille de carton sur le rayon le plus proche. En frottant de cire cet obstacle, on n’obtient pas davantage la soudure de la lamelle de cire trop rapprochée. Ce n’est pas la cire elle-même, par conséquent, mais la cire façonnée en cellules qui déclenche le comportement de soudure.

Il s’agit ici du rayon de cire considéré suivant une de ses faces: examinons ce qui se passe sur les bords. Il semble, suivant Darchen, qu’il existe là une zone particulièrement active où les abeilles sont très sensibles à l’interposition d’un obstacle. Une feuille de métal mince plantée sur le bord du rayon bloque complètement la construction (fig. 2). On ne peut la faire reprendre en l’enduisant de cire, mais seulement en pratiquant une série de trous assez rapprochés dans la plaque. Les abeilles qui, au cours de la construction, se tiennent par les pattes en formant des chaînes cirières (cf. infra ) se tendent les pattes à travers les trous, et la construction, en reprenant, va noyer la plaque sous un amas de cellules.

Nous voyons apparaître ici pour la première fois une disposition propre aux abeilles, la chaîne cirière où les abeilles sont en contact par l’extrémité de leurs tarses, et forment ainsi de longues chaînes immobiles, au sein desquelles la température est fort élevée. Ces chaînes semblent se former dès qu’un travail de construction doit être accompli, et il est probable que des informations (sur la nature desquelles nous ne savons rien) passent à travers les tarses, d’ailleurs munis de nombreux organes sensoriels: s’agit-il de subtiles différences de tension, informant les abeilles sur des déformations de l’édifice cirier? En tout cas, on peut voir en quelque sorte ces chaînes cirières à l’œuvre dans une expérience de Chauvin et de Darchen: on introduit entre deux rayons parallèles un fragment de cire perpendiculaire. Au bout d’un temps relativement bref, on s’aperçoit que la cire perpendiculaire a été tordue de manière à ramener ses faces dans un plan parallèle. À l’aide d’une disposition particulière de la ruche, nous avons pu observer par en haut ce qui se passe: on ne voit que des chaînes cirières disposées très irrégulièrement, accrochées les unes aux autres et à la cire. Certaines des mailles du treillis ainsi formé se contractent un peu, d’autres se dilatent, toujours très lentement, et la cire se déforme peu à peu; elle est d’ailleurs rendue malléable par le fait que la température, répétons-le, monte rapidement au sein du treillis, et peut dépasser 390.

Il convient de s’arrêter quelque peu sur cette expérience parce qu’elle manifeste le côté social du travail des abeilles. La torsion d’une lamelle de cire est évidemment impossible pour une abeille isolée: il y faut certainement la participation d’un nombre assez élevé d’ouvrières. Mais, au sein du treillis formé par les chaînes, personne ne prend une décision quelconque au sujet de la torsion de la cire. Il n’y a pas d’«esprit de la ruche», pas plus que dans notre cerveau telle ou telle cellule n’est le siège de l’intelligence: c’est l’ensemble des cellules qui en est le support. Et c’est ici l’ensemble des abeilles qui agit, sans que l’on sache comment.

Une autre expérience de Darchen nous met néanmoins sur la voie. Lorsqu’on pratique une section sur le pourtour d’un rayon en construction de manière à en enlever une portion, la «blessure» est réparée très vite. Mais là nous devinons ce qui a pu se passer. En effet, on constate d’abord la formation des chaînes cirières, et l’habituelle élévation de température qui s’ensuit; elle est bien plus forte près de la section. Il semble que la rupture de la surface du rayon ait provoqué un effet d’alarme, sans doute par interruption d’un film d’une certaine substance répandue sur le rayon et qui n’est pas de la cire (nous savons même en quoi cette substance doit consister: il s’agit de propolis, c’est-à-dire de la résine récoltée par les abeilles sur les bourgeons de divers arbres, et qui donne son odeur à la cire). Cette rupture provoque le rassemblement des abeilles qui se forment en chaîne; l’élévation de température est une sorte de piège thermique qui attire les jeunes abeilles en pleine sécrétion cirière: c’est pourquoi, par suite de ce piégeage, la réparation de la «lésion» s’opère très rapidement. Aucune «décision» n’a été prise. Mais cet exemple est simple, et jusqu’à présent nous ne voyons pas comment expliquer la remise dans le plan parallèle d’un fragment de cire perpendiculaire au rayon, tout au moins par des interactions où n’interviendrait que la chaleur en tant que piège des cirières.

Fourmilières

Les fourmis ne font pas des constructions aussi compliquées que les termites, tout au moins dans nos régions. Car dans l’Amérique subtropicale les fourmis champignonnistes du genre Atta (fig. 3) par exemple, construisent d’immenses édifices souterrains, où figure même la cavité la plus grande jamais forée non seulement par un insecte, mais par un animal autre que l’homme: c’est la caverne d’un mètre cube où les fourmis rejettent les débris usagés des meules de feuilles émincées sur lesquelles elles ont cultivé leurs champignons.

Les dômes de brindilles de nos fourmis rousses paraissent informes et constitués d’un amas de brindilles jetées au hasard. En réalité, le dôme a une structure: au centre, se trouve généralement une souche plus ou moins pourrie creusée de nombreuses galeries par les fourmis; au-dessus de la souche, une couche de brindilles de si grandes dimensions parfois qu’on se demande comment les fourmis ont pu les transporter là; puis des brindilles plus fines, et enfin une couche très fine constituant une sorte de chaume extérieur, à travers laquelle la pluie, à moins qu’elle ne soit forte, ne passe guère. Cette couche externe est d’ailleurs l’objet de soins constants. On peut s’en rendre compte par deux expériences. La première est due à Otto et consiste simplement à tremper une série de brindilles externes dans un colorant. On les voit disparaître assez vite et, en fouillant quelque peu, on les retrouve en profondeur. Puis, au bout d’un certain temps, elles réapparaissent. Il y a donc un remaniement continu bien qu’inapparent de la couche de chaume externe. La seconde expérience, assez amusante, consiste à attendre d’abord le moment le plus chaud de la journée, où les fourmis restent à l’ombre et désertent presque complètement le dôme. Alors, avec beaucoup de précautions, pour ne pas les exciter, on prend quelques brindilles et on écrit son nom sur le dôme. Il ne faut que quelques heures pour constater que le nom est devenu illisible: preuve de plus que la couche externe est triturée sans arrêt par les ouvrières.

Une autre expérience peut le montrer sous une autre forme: il est facile d’enlever des brindilles pour former une cavité, ou mieux (parce que la manœuvre de l’enlèvement excite à l’excès les fourmis) d’enfoncer le poing dans le dôme pour le déprimer à une profondeur maximale de cinq à six centimètres. Si l’on a bien repéré la cavité, on remarque qu’elle est comblée en très peu de temps. Il en est de même de petites cavités creusées dans une planchette que l’on fait affleurer à la surface du dôme: les cavités sont comblées aussitôt, même si elles n’ont que quelques millimètres de profondeur. On peut donc conclure que les fourmis ont un sens très fin des surfaces planes et de la moindre dépression qui peut s’y produire. Mais leur «instinct de comblement» des cavités peut les entraîner à des aberrations bizarres. Si par exemple on entoure le dôme de rubans verticaux et concentriques de carton, ce qui lui donne un peu l’aspect des ziggourats babyloniennes, les fourmis s’empressent de bourrer de brindilles l’espace interne entre les rubans et le dôme, ce qui leur coûte sûrement un travail considérable.

Le point particulier, facile à observer chez les fourmis et qu’il convient de mettre en évidence, c’est le caractère si curieusement aléatoire du travail social. Il ne faut pas croire en effet que l’apport de brindilles par exemple procède d’une méthode rigoureuse; on voit les fourmis apporter des brindilles le long des pistes qui convergent vers le dôme, puis les abandonner au bout d’un certain temps pour vaquer à d’autres occupations. Cela n’a pas d’importance, d’ailleurs, puisque ces brindilles ont un certain nombre de chances d’être reprises par d’autres ouvrières, pareillement inconstantes, mais qui leur feront néanmoins faire un bout de chemin, si bien que la brindille finira par être déposée sur le dôme.

Ajoutons d’ailleurs que cette habitude, exaspérante pour l’observateur humain, de travailler comme au hasard et à l’aveuglette, n’est pas propre aux fourmis. Quand les abeilles, par exemple, doivent jeter dehors des corps étrangers qu’elles ont ramassés dans la ruche, il ne faut pas croire qu’elles suivent le plus court chemin pour aboutir au trou de vol: bien au contraire, elles font cent détours et paraissent avoir oublié tout à fait où se trouve l’orifice de sortie. Remarquons toutefois un effet très net: la ruche est propre, au point que toute souillure qui s’y trouve est une preuve d’intoxication ou de maladie de la colonie.

De même dans le cas des fourmis, nonobstant une technique abracadabrante (selon une logique humaine), le dôme est construit; il est construit rapidement, et peut même atteindre d’énormes proportions. On comprendra mieux cette intervention de l’aléatoire à l’aide d’une expérience très simple à réaliser. On propose à des fourmis rousses une boîte de plastique verticale de dix centimètres de haut dont le couvercle est percé d’un trou; dans ce trou est enfoncé un brin de paille de douze centimètres de long; deux centimètres dépassent donc du couvercle. Lorsque les fourmis rencontrent le brin de paille, les programmes très simples qu’elles possèdent commencent à s’enclencher: «c’est en bois», «cela bouge», «je le tire vers le nid», «fin du programme». C’est bien ce qu’elles font... Mais, pour extraire un objet d’un trou, elles ne disposent que d’une seule technique: s’arc-boutant sur leurs pattes antérieures en extension maximale, elles saisissent l’objet dans leurs mandibules et essaient de l’élever le plus haut possible. Dans le cas qui nous occupe, la manœuvre n’a pas de sens: les fourmis arrivent tout au plus à élever l’objet d’un millimètre ou deux et il leur reste près de dix centimètres à extraire. Mais le problème devient soluble si les fourmis sont en groupe, et elles le sont toujours. Il est concevable qu’une autre fourmi, mue exactement par les mêmes mécanismes, saisisse la paille que la première vient d’élever, un peu avant que celle-ci ne la laisse retomber, et l’élève à son tour un peu; dans ce cas, on aura gagné deux millimètres de plus; si la densité des fourmis est suffisante, il y a un bon nombre de chances pour que cela survienne plusieurs fois de suite, et la paille pourra être extraite complètement. En fait, elle l’est en un peu plus d’une heure à 250 (la température est importante car elle règle l’activité des fourmis: elles seront d’autant plus actives et auront d’autant plus de chances de tirer sur la paille qu’il fera plus chaud). La paille a été extraite sans aucun plan d’ensemble, par le jeu mutuel de petits robots complètement inefficaces à l’état isolé.

Des simulations à l’ordinateur nous ont montré par ailleurs que la construction d’un dôme de brindilles était, en effet, théoriquement possible, et même facile, en supposant de petits automates pourvus d’un programme des plus élémentaires, à condition que ces automates soient nombreux. L’avantage de ces systèmes en apparence absurdes, c’est qu’ils ne sont pas susceptibles de panne: tous les automates ne peuvent s’arrêter ensemble... Et c’est précisément parce qu’il est impossible d’arrêter la «machine fourmilière», à moins de la détruire complètement, que les fourmis sont si ennuyeuses pour les hommes.

Termitières

Les termites sont probablement les constructeurs les plus acharnés de tout le règne animal et ceux qui fabriquent les édifices les plus imposants: certaines termitières géantes d’Afrique sont assez vastes pour qu’un village s’établisse sur leurs pentes! Les nids sont aussi les plus complexes de tous; certains présentent une structure si régulière et si complexe qu’on les croirait sortis de la main de l’homme. Grassé a décrit nombre de ces nids et il a élucidé spécialement la structure du grand nid de Bellicositermes natalensis . Il se compose d’une enveloppe épaisse creusée de diverses galeries dont l’usage n’est pas bien établi; à l’intérieur, se trouvent de nombreuses chambres où le couvain est élevé, et, vers le milieu, la loge royale, de forme assez régulière et ovoïde, où demeure l’énorme reine, plusieurs centaines de milliers de fois plus grosse que les ouvriers, accompagnée du mâle qui la féconde de temps en temps; au-dessous, enfin, pendent les si curieux piliers dont la particularité est qu’ils ne supportent rien, puisque leur pointe inférieure ne touche pas le sol; il faudrait les comparer à des stalactites, mais ils ne doivent rien aux agents climatiques, ils ont été construits, comme le reste, par les termites. Leur fonction est inconnue.

En étudiant les termites, Grassé est arrivé à des conclusions très voisines des nôtres concernant les fourmis. C’est à propos des termites qu’il a émis sa célèbre théorie de la stigmergie (de deux mots grecs qui signifient que l’œuvre excite l’ouvrier). Grassé remarqua en effet que, lorsque les termites sont déposés dans un vase avec quelque peu de matériel de construction, ils commencent par coller au hasard sur le substrat des boulettes grossièrement façonnées. Il peut arriver alors, toujours par hasard, qu’une boulette soit disposée au-dessus d’une autre plutôt qu’à côté: alors l’embryon de colonne ainsi formé excite davantage les ouvriers qui l’exhaussent rapidement. Lorsqu’une certaine hauteur limite est atteinte, l’activité des termites prend un autre tour: ils collent des boulettes non plus au sommet de la colonne, mais latéralement par rapport à ce sommet: le résultat en est une sorte d’arche; et, comme le même processus se poursuit sur tous les piliers, les arches finissent par se rejoindre. On obtient finalement une structure en éponge, celle même de la termitière.

La théorie de la stigmergie n’explique qu’une partie de la structure de la termitière puisque celle-ci, rappelons-le, est loin de se ramener à une structure en éponge: il reste à expliquer la construction de l’écorce de la loge royale et des piliers inférieurs...

Plus récemment, Goldberg a trouvé dans la construction des galeries chez Reticulitermes , termite des Charentes (présent aussi dans plusieurs arrondissements de Paris), un moyen d’analyser ce qu’il a appelé l’apprentissage social . En effet, le termite isolé est tout à fait incapable d’apprendre quelque chose. Il reste à peu près immobile, ne construit rien et en règle générale demeure inerte devant toutes sortes de sollicitations. Pour construire une galerie, la présence de plusieurs termites, quelques dizaines au moins, est nécessaire. Mais si on élève des termites dans une boîte à l’extrémité de laquelle se trouve un morceau de bois, le nid où ils se sont réfugiés occupant l’autre extrémité, ils vont très rapidement bâtir une galerie qui reliera le nid au bois. On peut alors, comme l’a fait Goldberg, intercaler différents obstacles entre le bois et le nid, et, à la limite, construire une sorte de labyrinthe que la galerie devra franchir pour arriver au bois: cette galerie représente en quelque sorte la «solution collective» du problème, puisqu’un seul termite ne saurait construire une galerie et qu’il en faut beaucoup. Or le point intéressant est que la galerie suit toujours ou à peu près le plus court chemin à travers des obstacles (ou dans un labyrinthe) et que cela se fait pratiquement sans tâtonnements. On dirait que l’apprentissage, s’il en existe un, est très rapide. Goldberg a néanmoins vérifié qu’il existait parfois, au début de la construction de la galerie, des «hésitations», matérialisées par une galerie trop longue, et qui se corrigent si l’expérimentateur détruit une partie de galerie: la construction suivante ne présentera plus, ou présentera moins, de longueurs inutiles. Mais surtout, si l’on marque d’un point de couleur des termites «expérimentés» et qu’on les réunit à une population de termites naïfs qui n’ont pas encore construit de galerie, on constate que la galerie de ces derniers sera parfaite d’emblée: il y a donc eu d’une manière ou d’une autre passage d’une information des termites expérimentés vers les naïfs.

2. Constructions chez les Vertébrés

Cas des oiseaux

Comme nous l’avons dit, les oiseaux présentent les cas de construction les plus singuliers du règne animal, avec les insectes: nous en citerons deux exemples, sans doute les plus extraordinaires de tous, mais qui, malheureusement, n’ont été soumis ni l’un ni l’autre à l’analyse expérimentale.

La fauvette couturière de Ceylan (Orthotomus sutorius ) sait réellement coudre: lorsqu’elle veut faire son nid, elle rapproche les bords de deux feuilles et les perfore d’une série de trous alignés; ensuite elle prend une fibre végétale, comme une liane, et, la passant à travers les trous, coud les deux feuilles ensemble. Si elle ne trouve pas de fibre à sa convenance, elle s’empare d’une toile d’araignée et, par de rapides mouvements de torsion de son bec, la convertit en un filament de soie qui va lui servir tout aussi bien à coudre ses feuilles.

Divers tisserins, dont le Malimbus du Gabon, savent réellement tisser, c’est-à-dire entrecroiser régulièrement des fibres végétales perpendiculaires entre elles, comme le fait un tisserand. L’ouvrage est tout à fait régulier et, dans le cas du Malimbus , par exemple, constitue une sorte de tube de vannerie d’une finesse et d’une régularité extrêmes.

Pas plus dans le cas de la fauvette couturière que dans celui des tisserins, la matérialité des faits n’a jamais été l’objet d’une discussion; mais on ne sait rien de plus et on ignore en particulier si l’art de tisser ou de coudre est entièrement inscrit dans les chromosomes ou si, comme c’est le cas chez beaucoup d’oiseaux, c’est la mère qui l’enseigne à ses petits.

Les décorations de la demeure . Dans un autre exemple, ce n’est pas tellement l’habileté du constructeur qui est à considérer, mais une autre particularité à propos de laquelle certains ont parlé de «sentiment esthétique». Le Ptilonorhynque d’Australie, oiseau assez commun et qu’on peut observer sans difficulté, a l’habitude de faire des huttes formées d’herbes inclinées et nouées à leur sommet. Elles sont parfois assez grandes pour qu’un homme puisse y pénétrer en rampant. Devant la hutte se trouve une allée formée de rameaux secs et généralement orientée nord-sud: cette orientation n’est pas due au hasard, puisque l’oiseau la rétablit si l’homme la dérange. Le long de ces allées sont disposés différents objets brillants, comme des écrous neufs, que l’oiseau va dérober dans les ateliers, ou bien, chez le Ptilonorhynchus violaceus , les fleurs bleues du Delphinium , que l’oiseau va chercher souvent assez loin et qu’il remplace dès qu’elles sont fanées. Mais il peut aussi badigeonner les parois de la hutte et même sa poitrine à l’aide d’une bouillie de baies bleues qu’il a récoltées et écrasées; il confectionne ensuite une sorte de tampon à l’aide d’une racine déchiquetée, la trempe dans la bouillie et s’en sert comme d’un pinceau. Il commence ensuite les parades nuptiales devant la hutte et devant les femelles.

Là non plus, il n’y a pas de doute sur la matérialité des faits. Mais l’interprétation en est bien plus délicate. Le chimpanzé est, bien sûr, capable de plonger son doigt dans la peinture et de faire des gribouillis comme les enfants humains. Il peut même, dit-on, placer une tache de peinture juste au centre d’un cercle qu’on vient de lui montrer. Mais il est tout à fait incapable et de préparer de la peinture et de se confectionner un pinceau. Ainsi, l’oiseau montre dans la confection de son nid une habileté technique bien supérieure à celle du singe. Il ne servirait à rien de prétendre que la comparaison n’est pas de mise parce qu’il s’agit, dans un cas, d’habileté acquise et, dans l’autre, de dispositions innées. D’abord, nous sommes beaucoup moins affirmatifs maintenant que jadis quant à la dichotomie inné-acquis. Ensuite parce que lorsqu’on a étudié la nidification chez l’oiseau, on s’est placé exclusivement dans les cas les plus simples, par exemple le nid des choucas ou des corbeaux, qui n’est pas, loin de là, un édifice bien complexe, tout juste un tas de brindilles assez sommairement aménagé. Or, on constate bel et bien qu’il y a intervention de l’expérience dans la construction du nid et que les oiseaux inexpérimentés montrent une dextérité moindre que les adultes plus âgés. Il serait donc tout à fait passionnant dans le cas du Ptilonorhynque de comprendre comment se développe l’habileté du peintre; mais nous ne pouvons rien dire encore là-dessus. Tout ce que nous savons, c’est que le P. violaceus , lorsqu’on lui présente des plaques de diverses couleurs, choisit les bleues et les jaune citron, et se débarrasse des rouges qu’il va même jeter à quelque distance. Si on lui montre des cartes plus ou moins bleues, il les choisit «mathématiquement», dit Marshall, suivant le degré de saturation. Quelques objets bruns peuvent aussi être choisis. De toute manière, les Ptilonorhynques peuvent se servir aussi d’une bouillie de charbon, s’ils ne trouvent pas leurs baies bleues, ou même des boules de bleu à lessive qu’ils dérobaient volontiers quand on utilisait cet ingrédient. Enfin il existe des mâles qui ne savent pas peindre. On trouve dans cette famille d’oiseaux bien d’autres modes de décoration des huttes. Ainsi, l’Amblyornis subalaris , dont la hutte parfois énorme est soutenue par deux poteaux entourés de fibres, de mousses, de lichens et de baies, parfois jusqu’à trois mètres de haut. Dans cette garniture sont piquées des orchidées blanches, qui peuvent d’ailleurs continuer à pousser dans la hutte puisque ce sont normalement des plantes épiphytes.

L’oiseau thermomètre . Il s’agit d’un exemple très particulier où se révèle non pas la complexité d’une construction, mais une habileté technique que nous n’avons pas encore rencontrée. Le Leipoa ocellata , qui habite l’Australie du Sud, sait, en effet, régler une fermentation végétale de telle manière que la chaleur dégagée soit le mieux appropriée possible au développement de ses œufs. Pour cela, il commence par édifier un énorme tas de sable. Ses dimensions sont tellement imposantes que les premiers observateurs pensaient qu’il s’agissait de la tombe de chefs morts! Au centre de la butte se trouve une masse de débris végétaux que l’animal n’a eu garde de recouvrir avant qu’une pluie les ait mouillés. Il y pond alors ses œufs, puis amasse du sable par-dessus. De temps en temps, il y plonge la tête qui est hautement sensible à la chaleur; si cette dernière est trop forte, parce que la fermentation «s’emballe», il découvre la masse végétale et la laisse s’aérer. Si au contraire elle est trop faible, le Leipoa va découvrir le nid, mais cette fois aux heures les plus chaudes de la journée; il laisse la chaleur s’accumuler, puis recouvre le tout de sable isolant. Quand on sait que le diamètre du nid peut dépasser dix mètres et sa hauteur quatre mètres et que l’oiseau le reconstruit et le démolit de nombreuses fois, on s’aperçoit de l’immense quantité de travail qu’accomplit le Leipoa .

Constructions des castors

Malgré des particularités très étonnantes et uniques chez les Mammifères, l’homme excepté, les constructions du castor n’ont pas fait l’objet de beaucoup de recherches expérimentales depuis la thèse très connue de Richard (1961). Pourtant, le castor paraît montrer un talent d’hydrographe sans exemple chez les animaux. Comme il se déplace malaisément à terre, il préfère nager et pour cela aménager des plans d’eau là où il n’y en a pas. Il barre donc les rivières à l’aide de digues parfois monumentales (deux mètres de haut, plus de cent mètres de long chez les castors américains) et établit près de là sa hutte dont l’entrée est immergée (fig. 4). C’est la construction de la digue que Richard a étudiée. Elle se compose de matériaux divers, ceux que le castor peut trouver, généralement des branches et quelques pierres agglomérées avec de la boue. S’il n’y a pas assez de bois, le castor fera un mur de pierres. Mieux encore, s’il rencontre un bief de moulin abîmé mais encore réparable, il le réparera tout simplement! Du côté de l’aval, la digue est renforcée par des arcs-boutants formés de grosses branches calées en bas par de grosses pierres et plantées en haut dans la digue. Richard a pu constater que les morceaux de bois sont préparés sur la berge et taillés à la longueur convenable. Le castor montre d’ailleurs une appréciation du poids des pièces de bois tout à fait étonnantes lorsqu’il les prépare pour sa nourriture (il mange en effet leur écorce). Après avoir abattu un jeune arbre, il va le débiter en tronçons d’autant plus courts qu’ils sont plus gros, de manière que le même poids soit conservé. On pourrait croire qu’il les soupèse, mais ce n’est nullement le cas; il les découpe d’emblée et ne les porte qu’après aux environs de sa hutte.

D’autre part, il sait parfaitement empêcher les fuites. On peut, comme l’a fait Richard, en produire expérimentalement, en insérant des tuyaux sous la digue. Le castor va les boucher par l’amont. On pourrait alors avancer une hypothèse simple: il n’y a là-dedans aucune habileté particulière; l’animal est seulement sensible au bruit de l’eau qui coule et il essaie d’arrêter ce bruit. Il est vrai que Richard a montré par une expérience amusante, bien qu’un peu cruelle, que le castor n’aime pas le bruit d’eau qui coule: il a enregistré en effet le bruit d’une petite chute d’eau sur magnétophone et l’a fait entendre au castor. Le malheureux animal a travaillé à exhausser sa digue tant qu’il a entendu le magnétophone! Mais, s’il s’agissait d’un simple réflexe, le castor devrait boucher n’importe quelle cascade. Or, en amenant près de lui l’eau d’un ruisseau voisin, on constate qu’il ne fait que de rares efforts d’obturation et qu’il réserve tous ses soins au courant qui met effectivement son plan d’eau en danger. Il y a donc là un raisonnement de cause à effet.

La digue du castor est si étonnante (n’importe quelle personne inexpérimentée jurerait qu’il s’agit d’un travail humain!) qu’on peut se demander comment le castor, dont le cerveau ne paraît pas différer tellement de celui d’un rat, peut présenter de pareilles aptitudes comportementales. En tout cas, si on le soumet à des problèmes classiques de la psychologie expérimentale, comme l’ouverture de boîtes fermées par des modes de fermeture complexes, ses succès sont étonnants. Il serait même capable, dans certaines conditions du moins, d’amasser des branches sous un appât qu’il veut attraper et qui est placé trop haut pour lui; il monte sur cet échafaudage et l’obtient aisément. Cela, à ce qu’on croyait du moins, seul un singe pouvait le faire!

3. Psychisme de l’animal constructeur

Nous sommes, avec les constructions animales, sur un des sommets du psychisme, qui se manifeste ici par l’habileté technique, cette habileté que nous avons longtemps cherchée au niveau des outils. Pendant un temps fort long, tout le monde était convaincu que l’un des exemples de l’infériorité des animaux par rapport aux hommes était l’absence d’outils. En réalité, cette absence n’est pas absolue, on connaît quelques exemples d’outils utilisés par les animaux, mais ils sont très peu nombreux. Il est curieux de remarquer que le plus proche cousin de l’homme, le chimpanzé, est justement l’animal qui utilise le plus d’outils. Mais, en général, le psychisme animal ne s’est pas développé dans cette direction. Par contre, les constructions (l’outil à habiter , comme on a nommé la maison de l’homme) constituent un excellent exemple d’habileté technique comparable à celle de l’homme: que l’on puisse discuter sur la part d’inné et d’acquis qui se trouve impliquée dans ces constructions ne change rien à l’affaire. De plus, l’énorme motivation que montrent les animaux vis-à-vis de leurs constructions, le soin avec lequel ils les réparent, les solutions qu’ils trouvent auraient dû faire des constructions le sujet préféré des éthologistes.

On peut de plus dégager quelques règles assez éloignées de celles de l’éthologie habituelle:

– La règle de l’insolite : plus l’altération du nid est inhabituelle, moins elle a de chances de se rencontrer dans la nature, plus le comportement est variable et différent du comportement stéréotypé de l’espèce. La mésange sait faire son nid, mais elle cherche à résoudre un problème de réparation.

– Le sens du problème : pour que l’animal s’intéresse à un problème de construction, il faut qu’il lui soit posé dans des termes intelligibles. Pour une araignée, le problème qui a un sens est posé en termes de fils; en termes de cire pour une abeille; de brindilles pour une fourmi; de branchettes pour un castor, de carton pour une guêpe.

– La règle des variations individuelles : comme on se trouve dans les problèmes de construction aux sommets du psychisme, seuls quelques individus arrivent à les résoudre; la statistique ici n’aurait pas de sens.

– La règle de la plus grande complication : c’est le nid le plus complexe et non le plus simple qui offre le plus d’occasions de poser des problèmes. Les capacités supérieures du psychisme ne peuvent guère se manifester si le nid se compose d’une simple excavation creusée dans le sol.

Encyclopédie Universelle. 2012.

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